Le p’tit coin utopic… une belle parenthèse dans cette course folle de ville en ville, de nouvelles rencontres en nouveaux paysages, d’auberges en trajets toujours plus longs et m’amenant toujours plus loin.
Après une brève halte à Cordoba pour retrouver un ami rencontré à Rio et fêter mon anniversaire au milieu d’amis Argentins, faire entre autre une nouvelle belle rencontre, je prends un bus pour un lieu dont j’ignore même si je parviendrai un jour à l’atteindre tant les indications données par Yannis, le grand fou propriétaire des lieux, sont inhabituelles de par ces détails portés non pas sur des noms de rues ou des numéros comme l’on pourrait s’y attendre mais par des « prendre le petit chemin à droite de la cabane » ou des « passer devant le dépôt de bois et aller jusqu’au drapeau vert gris ». J’arrive donc par le bus à l’arrêt « El Peñon » : nous sommes sur une longue route goudronnée, sans autre bordure que quelques arbres par ci par là et autre petit magasins d’artisanat ou encore quelques mini kiosques. Je me pose un instant sur le banc de l’abri-bus tout en pierre. Un abri typique d’un lieu perdu au milieu des montagnes, un endroit comme on peut s’en représenter dans un vieux western, un passage peu fréquenté, le soleil brûlant le macadam, les montagnes au loin bordant le paysage, tout cela baigné dans un silence interrompu par le seul passage des quelques voitures empruntant cette route pour se rendre à la Falda. Assis là, à l’ombre, mon sac sur le bord de la route, ce petit magasin d’artisanat exposant toute sorte de pots en terre cuite disposés sur le bord de la route et sa devanture rouge vif donnent au décor général qui me fait face une touche contrastée au vert de la forêt qui l’entoure. Je m’impreigne de ce lieu encore méconnu, de son atmosphère et de tout ce que cela évoque d’agréable comme souvenir apaisant pour moi. Je relis attentivement pour la 2e fois les indications de Yannis, y vois la description de ce même magasin : « oui ! me dis-je en moi-même, je suis au bon endroit pour l’instant, je vais continuer de suivre ses instructions à la lettre ne disposant ni d’internet ni d’un gps fonctionnel. » Enfin, après quelques 600 mètres et 3 virages plus loin sous un soleil de plomb j’aperçois le drapeau vert évoqué dans le sms, traverse ensuite un petit pont de bois, sonne à la clochette suspendu à l’arbre, ne m’effraie pas lorsque ses deux beaux chiens me sautent dessus, tout excités déjà du nouvel inconnu que je représente, ils me font un accueil des plus chaleureux.
Les jours s’écoulent dans un cadre qui fleurte avec l’idylle.
Entourés de forêt, d’une rivière en contrebas, la vie simple et modeste nous comble amplement : avec des repas majoritairement végétarien, Yannis disposant d’un potager d’une serre avec des salades, des tomates et autre quantité d’herbes, les seules vraies dépenses concerne essentiellement les extra que nous nous autorisons comme du vin ou du saucisson, les rudiments d’un bon français en quelque sorte. L’avantage ici concernant les repas et leur qualité est que nous avons le luxe d’avoir un hôte originaire de Montpellier qui a appris les bases de la gastronomie française dans le sud de la France et y a ajouté sa touche exotique des nombreux voyages qui ont précédés sont installation à long terme ici, Guadeloupe, Guatemala et autre Pérou ou Grèce, bref un beau mélange des couleurs là dans la cabane des saveurs.
L’esprit qui règne ici est basé sur la volonté de faire, peut être à l’image de la méthode Montesori : nous réalisons des choses si l’envie et le plaisir sont présents plis que par obligation. J’ai d’ailleurs fabriqué plusieurs choses lors de mon passage au « Ricon Utopic » : un cajon péruvien qui m’a permis d’accompagner ce vieux fou qui joue merveilleusement bien de la guitare et chante aussi bien en anglais, français, espagnol ou encore en mantra.
Nous avons également construit le petit pont de bois que vous aurez le plaisir d’emprunter si vous faites un détour ici; et enfin un bac à compost permet désormais de produire la terre enrichie qui nourrira les fruits et légumes du potager.
Cet endroit fut pour moi un vrai lieu de repos après de nombreux mois de voyage passés. Ces instants de partages et d’échanges ponctués de rires et dénué de tout jugement sont apaisants et m’ont ressourcé pleinement pour la suite de mon périple.
Namasté vieux fou !
Pat
Posté le 21:42h, 04 janvierUn joli détour qui respire l’apzi Et la plénitude. Une halte avant les étapes que tu te donneras ensuite comme objectifs.
Bonne route !
Pat
Posté le 22:01h, 04 janvier…qui respire la paix bien sur !